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Santé à Paris : il y a une urgence...


Présidente du conseil d’administration de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (APHP), Anne Hidalgo a justifié encore récemment la transformation du tiers de l’Hôtel-Dieu en complexe commercial et touristique de grand standing. Si la valorisation du patrimoine immobilier constitue un levier financier essentiel pour la puissance publique, les difficultés d’accès aux soins à Paris appellent cependant à renforcer l'infrastructure dédiée à la santé et au médico-social. Paris a longtemps bénéficié d’installations de pointes et d’un excellent réseau de praticiens. C’est de moins en moins le cas : 41% des Parisiens vivent dans des zones médicalement sous-dotées, le nombre des généralistes ayant baissé de 25% depuis 2010 ; les délais d’attente sont si élevés que le nombre de consultations en ophtalmologie ou en dermatologie est en chute libre ; la mise en œuvre du virage ambulatoire à Paris est à la peine par rapport au reste de la France ; l’articulation entre médecine de ville et hôpital est encore trop insuffisante pour désengorger les services d’urgence et assurer le suivi des patients, notamment après l’hôpital et dans l’observance des traitements. Cette situation est d’autant plus préoccupante que notre ville vieillit, ce qui va augmenter le nombre de maladies chroniques à traiter (550 000 Parisiens concernés entre 2015 et 2020). Dans ce contexte, l’action de la municipalité est incroyablement limitée au regard de ses marges de manœuvre, la maire de Paris et sa majorité accusant comme toujours le Gouvernement. Bien sûr, l’APHP doit résorber son déficit (perte consolidée en 2018 : 121 M€) et les sources internes de recettes et d’économies ne manquent pas. Mais bien au-delà du dossier de l’Hôtel-Dieu, Paris a besoin d’une stratégie de long terme, pas d’une politique à la petite semaine qui néglige les vraies urgences de santé.

 

6/11/2019