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Domaine privé : quand Paris abandonne Saint-Germain-des-Prés


C’est dans le prolongement des travaux menés par le baron Haussmann que la Villle de Paris a étendu son « domaine privé » au nord de Saint-Germain-des-Prés, dans le quartier de la Monnaie. Propriétaire de biens prestigieux, la municipalité a cependant procédé à la vente des 1300 appartements du domaine privé à partir de 1996, sous les mandats de Jean Tiberi et de Bertrand Delanoë. Aujourd’hui, cette politique s’amplifie sans états d’âme avec Anne Hidalgo, afin de financer soit-disant la production de logements sociaux dans Paris… Il est pourtant regrettable de vendre des sites largement exploitables et de les confier à la seule loi du marché. A quoi peuvent bien servir les trois bailleurs sociaux de la Ville ou la Semaest (la société d’économie mixte de la ville chargée de la vitalité commerciale) si des locaux situés dans le cœur historique de Paris sont ainsi bradés ? La Mairie a tous les leviers juridiques et financiers pour transformer certains appartements en logements sociaux, en ateliers d’artiste ou d’écriture, en boutiques éphémères… Au lieu d’agir comme un liquidateur sans imagination, la Ville de Paris devrait au contraire se comporter en aménageur, selon la mission qui lui est assignée. Elle devrait consulter les riverains, diffuser en transparence et par l’open data les informations relatives à son domaine privé actuel, et mobiliser ses services afin de réaliser des travaux de réhabilitation, en permettant ensuite une exploitation commerciale et culturelle des locaux non-transformables en habitation. Absence de volonté politique, opacité des pratiques… On est bien loin d’une véritable stratégie de valorisation des actifs municipaux. Cette situation est d’autant plus grave qu’elle concerne l’un des plus beaux quartiers de Paris, dont le rayonnement est menacé par l'explosion des loyers, l'uniformisation commerciale et la fin de son authenticité culturelle. Mobilisons-nous !

 

30/10/2019